Sommaire de l‘élève |
L’être humain s’interroge sur l’origine de la vie depuis de nombreux
siècles. Chez les scientifiques comme les théologiens, la question est source
de débats perpétuels. La science cherche à expliquer les processus associés à la vie et son évolution au fil du temps, comme l’évolution graduelle et ponctuée, la sélection naturelle, les mutations, la respiration
cellulaire et la photosynthèse. Mais quand vient le temps
d’expliquer un type quelconque de processus créatif, la science ne peut
confirmer la validité de ses hypothèses et peut donc uniquement décrire les
moments qui se produisent une fois le processus créatif entamé. La science
comporte de nombreuses zones d’incompréhension, c’est-à-dire des processus
biologiques qu’elle n’arrive pas du tout à clairement expliquer. Ces zones
d’incompréhension sont considérées comme des mystères. Bon nombre des
mystères de la science ont rapport aux processus de la Création, comme la
formation de l’univers, la division cellulaire et la fécondation. Dans de
nombreuses cultures autochtones, le nom du Créateur correspond au mot
« mystère » ou à l’expression « grand mystère ». Selon le récit de la Création micmac, les premiers actes de la Création sont un
mystère.
Une fois la vie créée, plusieurs processus cellulaires assurent son
maintien. Les plantes vertes interviennent dans l’un des processus
cellulaires les plus importants. Ces plantes sont les seules formes de vie
capables de produire leur propre nourriture. Ce faisant, elles créent un
sous-produit essentiel à la régénération de l’atmosphère et à notre survie.
Appelé photosynthèse, ce processus débute lorsque la lumière
frappe les feuilles des plantes. Des cellules présentes dans la plante
contiennent de la chlorophylle qui interagit avec la lumière du jour pour
isoler les différents éléments de base de l’eau contenue dans la plante. Le
dioxyde de carbone pénètre à l’intérieur des feuilles par des trous et, grâce
à une réaction chimique, fusionne avec l’énergie emmagasinée dans les
cellules pour créer un sucre simple. Le sucre est ensuite transporté
jusqu’aux racines, tiges et fruits de la plante par des tubes de la feuille.
Une partie du sucre est transformée immédiatement en énergie par la plante,
une autre est emmagasinée sous forme d’amidon et une troisième est
transformée en substances plus complexes, comme du tissu végétal ou de la
cellulose. Heureusement pour nous, les plantes produisent souvent plus de nourriture
qu’elles en ont besoin, et stockent l’excédent dans leurs tiges, leurs
racines, leurs graines ou leurs fruits. Nous pouvons obtenir cette énergie
directement en mangeant la plante ou ses produits, comme des carottes, du riz
ou des pommes de terre. La photosynthèse est la première étape de la chaîne
alimentaire qui lie ensemble tous les êtres vivants. Toutes les créatures de
la terre dépendent d’une façon ou d’une autre des plantes vertes.
L’oxygène libéré lors du processus de photosynthèse s’inscrit dans un
processus d’échange essentiel à tous les êtres vivants. Parce que les animaux
aspirent de l’oxygène et expirent du carbone dioxyde, que les plantes
transforment ensuite de nouveau en oxygène lors du processus de
photosynthèse, on appelle souvent les forêts les « poumons de la
terre ». Cette relation « donnant, donnant » est ce qui crée
la relation symbiotique entre les plantes et les animaux/humains. Pour
mieux comprendre ce rapport symbiotique, visionnez la série L’équilibre
sacré sur vidéocassettes ou DVD. Vous verrez comment les arbres, les
réseaux fluviaux, les saumons et les ours noirs de la Colombie-Britannique
collaborent à des systèmes de comportement et processus de décomposition
chimiques complexes dans le but d’assurer la santé de la forêt pluviale.
La respiration cellulaire est un processus quasi universel permettant aux
organismes de transformer les sucres présents dans leur nourriture en énergie
nécessaire pour exécuter tous les actes essentiels à toutes créatures
vivantes. Toutes les cellules des plantes et des animaux effectuent la
respiration cellulaire, qui est essentielle à la vie. La respiration
cellulaire ne se produit pas à un moment déterminé ou toujours au même
moment. Des cellulaires voisines peuvent se trouver à différentes étapes du
processus de respiration cellulaire.
Récit de la Création micmac
Le récit de la Création micmac décrit comment la vie a commencé. Pour
le peuple micmac, la vie sur terre a été créée en sept étapes, décrites
ainsi :
1re étape : Le ciel représente le Donneur de vie,
Gisoolg, qui a tout créé. La Création constitue un mystère qui contient tout
et est en tout. Elle commande notre admiration et s’exprime dans toutes les
dimensions visibles et invisibles de la vie.
2e étape : Le soleil procure la vie et nous donne nos
ombres. Ces ombres sont le reflet de l’identité, des caractéristiques et des
esprits de nos ancêtres, le fruit de l’union de la terre, de la
matière et du sang des êtres humains. Représenté par la direction centre, le
soleil fait le lien entre le monde spirituel et le monde physique.
3e étape : La troisième étape de la Création se
produit sur la surface de notre mère, la Terre. Dans la langue
micmaque, plusieurs mots ont un rapport direct avec le mot signifiant
« terre ». Par exemple, les mots utilisés pour désigner la peau du
tambour et le peuple micmac sont apparentés l’un à l’autre, et se rapportent
aussi au mot micmac désignant notre mère, la Terre. Le battement du tambour
est le battement de notre mère, la Terre. La couche de surface de
notre mère, la Terre, donne la vie, notamment aux être humains; le mot Oosgitjinoo,
qui signifie « la personne qui s’est libérée de la surface de la terre et se
tient debout », traduit cette notion. Le mot Oosgitjinoo fait
référence au peuple micmac.
4e étape : Le premier homme, Glooscap, est créé
sur la surface de la terre à l’endroit où frappe un éclair. Sa tête pointe
alors dans la direction du lever du soleil et ses pieds, dans celle du
coucher du soleil. Ses bras sont en croix, l’un tendu vers le nord et l’autre
vers le sud. Lorsque l’éclair frappe les éléments de la terre qui composent
le corps de Glooscap, une force vitale est créée. Lorsqu’un second éclair
frappe, Glooscap reçoit des doigts et des orteils, et sept parties sacrées de
sa tête (deux yeux, deux oreilles, deux narines et une bouche). Frappe
ensuite un troisième éclair qui libère Glooscap de la surface de la terre. Il
peut dorénavant se déplacer et marcher.
Glooscap rend grâce à notre mère, la Terre, et Grand-Père Soleil pour
sa création, et présente ses respects au sud, à l’ouest, au nord et à l’est. Lorsqu’il retourne à l’est où il a été créé, Glooscap fait
la rencontre d’un aigle qui lui annonce que sa famille se joindra bientôt à
lui pour l’aider à comprendre la place qu’il occupe dans le monde. L’aigle
perd une plume, que Glooscap attrape. La plume le rend fort et devient un symbole
d’union entre son peuple, le Donneur de vie, Grand-Père Soleil et notre mère,
la Terre.
5e étape : Glooscap rencontre sa grand-mère,
née d’une roche. Elle lui apprend à respecter sa sagesse et ce qu’elle
sait des étoiles, du vent, des saisons, des marées, des caractéristiques et
comportements des plantes et des animaux, de la préparation des aliments, de
la confection des vêtements et de la fabrication des abris. Pour assurer leur
survie, Glooscap sacrifie la vie d’une martre, en s’assurant avant de
demander la permission à l’animal et de remercier le Donneur de vie,
Grand-Père Soleil et notre mère, la Terre. Puis la tornade crée le feu du Grand Esprit à l’aide des sept étincelles des éclairs qui ont créé
Glooscap et de sept morceaux de bois. Grand-Mère et Glooscap se régalent
ensuite pour célébrer l’arrivée de Grand-Mère dans le monde.
6e étape : Glooscap rencontre un jeune homme qui dit
être son neveu et avoir été créé par la tornade, qui traversa l’océan dans la
direction du soleil levant et laissa derrière elle un bouillonnement d’écume.
Le vent balaya l’écume sur la rive, emportant tout ce qui se trouvait sur son
passage, dont des roches, des plumes et du bois, qu’il déposa dans l’herbe
odorante. C’est ainsi que le neveu est créé, avec l’aide du Donneur de
vie, de Grand-Père Soleil et de notre mère, la Terre. Il apporte la vision de l’avenir
et les dons des ancêtres. Glooscap doit également servir de guide au neveu,
car les jeunes se tournent vers leurs aînés pour leur montrer la voie. Et
comme l’avait fait Glooscap avec la martre, le neveu demande aux poissons
d’offrir leur vie. Glooscap rend grâce pour les poissons, en s’excusant
d’avoir pris leur ombre et des éléments de notre mère, la Terre, pour assurer
sa propre subsistance, celle de Grand-Mère et de son neveu. Ils se régalent
de nouveau et Glooscap continue de suivre les enseignements de Grand-Mère.
7e étape : Apparaît la mère de Glooscap sous la
forme d’une feuille qui se détache d’un arbre et tombe sur le sol. La rosée se pose sur la
feuille et, grâce au Donneur de vie, à Grand-Père Soleil et à notre mère, la
Terre, se transforme en femme. La mère de Glooscap apporte des présents qui incluent les
couleurs du monde, la compréhension et l’amour, afin que ses enfants
apprennent à partager les uns avec les autres et à s’aimer les uns les
autres. Glooscap demande à son neveu d’aller cueillir de la nourriture pour
célébrer la création de sa mère. Glooscap commande, tout en respectant les
enseignements des aînés, la vision et la force des jeunes, les dons des
ancêtres, et les enseignements sur la façon de se respecter, de prendre soin
les uns des autres et de compter les uns sur les autres. Et ils ont une très
bonne vie. |
Stratégies d’enseignement |
1. Demandez aux élèves de se tenir
debout, dos au mur. Demandez-leur ensuite d’accoter le dos au mur et de
glisser doucement jusqu’à ce que leurs genoux forment un angle de 45o.
Vérifiez combien de temps ils peuvent garder cette position. Qui a duré le
plus longtemps? Comment se sent-on lorsqu’on tente de maintenir cette
position?
2. Discutez avec les élèves de ce
qui se produit aux muscles des jambes lorsqu’on leur demande un tel effort.
Puisque les cellules ne peuvent produire l’oxygène dont ils ont besoin, des
processus chimiques s’opèrent dans le métabolisme et nous ressentons de la
douleur. Cet exercice scientifique sert à enseigner la respiration
cellulaire, qui permet aux cellules de s’oxygéner et de se rajeunir.
L’oxygène transmet l’énergie aux cellules, ce qui explique pourquoi nous
avons besoin d’oxygène pour survivre.
3. Demandez maintenant aux élèves
de comparer la respiration cellulaire à la photosynthèse. Dites-leur de
choisir un arbuste, un arbre ou une plante d’intérieur qu’ils pourront
utiliser pour faire une expérience et découvrir ce qui se produit aux plantes
lorsqu’on varie leur apport en lumière. Demandez aux élèves de découper des
formes géométriques comme un cercle, un carré ou un triangle dans du carton
ou du papier d’aluminium. Les formes doivent être assez grosses pour couvrir
près de la moitié de la feuille de la plante.
4. Chaque forme doit être fixée
sur une feuille à l’aide de trombones. S’ils utilisent une plante
d’intérieur, demandez aux élèves de la placer près d’une fenêtre donnant sur
le sud, l’est ou l’ouest, où elle recevra beaucoup de lumière. Les élèves
devront noter chaque jour les conditions météorologiques et les inclure à
leurs observations.
5. Demandez aux élèves de retirer
les formes quatre jours plus tard et d’observer chacune des feuilles
correspondantes. Les élèves devront comparer les sections des feuilles ayant
été recouvertes à celles qui n’ont pas été recouvertes. Qu’est-il arrivé aux
feuilles? Décrivez les effets qu’a sur les feuilles le manque de lumière. Que
s’est-il produit ou ne s’est-il pas produit sur différentes parties des
feuilles? Quel est le meilleur environnement pour une plante d’intérieur?
Pourquoi? Ou avez-vous vu de tels effets dans la nature? Où vous
attendriez-vous à voir moins de plantes à l’extérieur en raison du manque de
lumière?
6. Demandez aux élèves de comparer
le transfert d’énergie de la respiration cellulaire à celui de la
photosynthèse? Quels composants actifs accélèrent ces processus?
Qu’arrive-t-il aux cellules lorsqu’elles manquent d’oxygène? Qu’arrive-t-il
aux plantes lorsqu’elles manquent de lumière? Cela explique pourquoi nous
avons besoin de lumière pour survivre.
7. Après cette démonstration
scientifique du transfert d’énergie par la respiration et la lumière pour
assurer le maintien de la vie, présentez les grandes perspectives théologiques
de la Création de la vie, comme les explique l’aîné micmac traditionnel
Stephen Augustine.
8. Avec les élèves, consultez le site www.fourdirectionteachings.com afin :
a) d’écouter le récit de la Création
micmac
b) d’écouter les enseignements
suivants de Stephen Augustine : « La première étape de la
Création », « La deuxième étape de la Création », « La
troisième étape de la Création », « La quatrième étape de la
Création », « La cinquième étape de la Création », « La
sixième étape de la Création », « La septième étape de la
Création ».
9. En petits groupes, demandez aux
élèves de passer en revue les sept étapes de la Création, comme les a
décrites Stephen Augustine. Dites-leur de discuter de la manière dont
l’énergie a été transférée à Glooscap, pour lui donner la vie. Quelle
comparaison peut-on établir entre les éclairs et la photosynthèse? Quel lien
peut-on établir entre le vent créé par la tornade et le concept de la
respiration cellulaire?
10. Demandez ensuite aux groupes
de faire le rapprochement entre la réaction des éléments lors de la
respiration cellulaire, comme le conçoit le milieu scientifique, et le moment
où l’éclair a frappé la surface de la terre et créé Glooscap. Demandez aux élèves
d’identifier les processus chimiques qui ont favorisé le transfert d’énergie
dans le récit de la Création micmac. Comment cette façon d’accéder à la vie
se rapporte-t-elle à la respiration cellulaire?
11. Terminez la leçon par une
lecture du sommaire de l’élève présenté précédemment et choisissez parmi les
sujets de discussion et exercices facultatifs ci-après.
Sujets de discussion :
· Demandez aux élèves
d’ expliquer la pertinence du récit de la Création micmac pour le peuple
micmac en ce qui a trait à sa compréhension de l’écosystème. Quel impact a ce
récit sur cette compréhension de l’écosystème? Dans quelle mesure la relation
entre Glooscap, le foin d’odeur, la mer et le vent est-elle symbiotique (ou
mutuellement avantageuse)?
· La compréhension de notre
interdépendance à l’échelle planétaire passe par la compréhension de notre
dépendance les uns des autres.
· Discutez de la
modification de la surface de la terre en vue de répondre aux besoins des
êtres humains et du fait qu’une modification réussie créée un rapport
adaptatif entre les êtres et leur environnement physique tandis qu’une
modification excessive est source de mauvaise adaptation.
· Demandez aux élèves
d’identifier les thèmes présents dans le récit de la Création micmac.
· Comment cet
enseignement traditionnel rejoint-il les perspectives scientifiques sur
l’énergie et son transfert, plutôt que de leur être incompatible?
Exercices facultatifs :
· Demandez
aux élèves de mener des recherches sur les récits de la Création d’autres
cultures ou groupes religieux et de présenter leurs conclusions sous forme
visuelle à l’aide de photographies, de dessins, de cartes et de diagrammes.
Dites-leur d’identifier les similarités entre les récits. Quelles conclusions
peuvent-ils tirer sur la compréhension de la Création par l’être humain?
· Demandez-leur
de vérifier la définition des mots de vocabulaire.
· Demandez
aux élèves d’inscrire dans leur journal leurs réflexions sur le fait que tout
le monde ressemble à Glooscap, et d’indiquer les ressemblances sur le plan
des relations, des besoins et des désirs. Demandez-leur de comparer nos
besoins et désirs à nos responsabilités. Comment peut-on concilier nos
responsabilités, d’une part, et nos besoins et désirs de l’autre?
· Demandez
aux élèves de faire une présentation non verbale du thème du cercle de la vie
du récit de la Création micmac en utilisant le mouvement, la chanson, la
danse, la sculpture, la vidéo, la photographie et d’autres formes d’art
créatif pour raconter la création de la vie et expliquer l’interconnexion de
tous les êtres vivants. |