Le cercle d’influences
On
a retrouvé des cercles d’influences à différents endroits en Amérique du
Nord. Représentés à l’aide de pierres disposées sur le sol, ils servaient à
marquer le lieu d’un sens particulier : lieu d’énergie, de cérémonie, de
rencontre, de méditation, d’enseignement, de célébration, etc. Certains
évaluent à environ 20 000 le nombre de cercles d’influences existant en
Amérique du Nord avant l’arrivée des Européens. Dans les Prairies, certains
cercles d’influences dateraient de 5 000 ans ou plus.
Le
cercle d’influences est essentiellement un cercle divisé en quatre parties
dont chacune représente un point cardinal et qui s’équilibrent les unes les
autres de manière à former un tout; il s’agit d’un symbole reflétant le sens
de la vie selon la philosophie autochtone. Le cercle d’influences est une
tradition qui ne se retrouve pas nécessairement chez tous les peuples
autochtones, mais beaucoup en ont une version qui leur est propre. Ce que
partagent les divers peuples autochtones d’Amérique du Nord toutefois, c’est
un mode de pensée circulaire, sur lequel repose l’ensemble de leurs
connaissances et de leurs manières de voir traditionnelles.
Dans
l’ensemble, le cercle d’influences représente les liens entre différents
éléments du monde, aussi bien visibles qu’invisibles, et illustre comment
toutes les parties du monde et tous les niveaux de l’être sont
interdépendants et reliés à une force vitale issue de la création de
l’univers. Selon les Ojibwés, chacun des quadrants est lié à sept
enseignements qui, à leur tour, donnent lieu à des enseignements secondaires.
Toutes les parties du cercle sont importantes et dépendent les unes des
autres dans le cycle de vie; ce qui touche l’une touche toutes les autres.
Pour cette raison, le cercle d’influences nous enseigne que l’harmonie,
l’équilibre et le respect de toutes les parties sont nécessaires au maintien
de la vie.
Les traditions
Les
traditions couvrent l’ensemble des connaissances et coutumes que les
personnes plus âgées – les aînés – transmettent aux plus jeunes, eux-mêmes
les ayant apprises en travaillant et en étudiant de nombreuses années avec
leurs aînés.
Les quatre points cardinaux
Chaque
quadrant du cercle d’influences représente un des quatre points cardinaux.
Selon les Ojibwés, l’est représente le printemps et l’origine de toute vie,
le passage de l’esprit à l’humain; ici commence le cheminement d’une vie. Il
se poursuit au sud, l’étape de l’été, puis à l’ouest, l’étape de la mort, et
enfin au nord, l’étape de la renaissance. Le cycle suit son cours dans le
sens des aiguilles d’une montre tout autour du cercle d’influences, suivant
le lever et le coucher du soleil, les quatre points cardinaux servant
principalement de forces directrices.
Le centre du cercle
Le
centre du cercle d’influences symbolise l’être en équilibre dans son
cheminement de vie, selon la philosophie autochtone traditionnelle. C’est là
où l’on cherche à développer une vision et une compréhension holistiques de
la création et des liens entre toutes choses.
Pour
les Ojibwés, le centre du cercle d’influences est représenté par une flamme
qu’il incombe à chacun d’alimenter en cherchant à résoudre ses conflits avec
les autres et en faisant la paix avec soi-même. La réflexion, la méditation,
la prise de conscience, l’acceptation et l’abandon nous permettent de vivre
une vie pleine et équilibrée.
Les quatre plantes médicinales sacrées
Pour
rendre grâces tous les jours à toutes ces choses dont nous avons besoin pour
vivre, les Ojibwés traditionnels prennent une petite poignée de tabac qu’ils
déposent dans un endroit propre sur le sol ou sur le bord d’un lac. Ce
faisant, ils remercient la nature, la Création, de leur donner le souffle de
la vie. Le tabac est représenté par l’est dans le cercle d’influences.
Le
cèdre sert de plante médicinale traditionnelle. Souvent préparé sous forme de
thé, il sert à purifier le corps et l’esprit de toutes ces choses inutiles
dans le cheminement d’une vie. Le cèdre est représenté par le sud dans le
cercle d’influences.
La
sauge, qui est représentée par l’ouest dans le cercle d’influences, sert
également à des fins de purification. On la brûle et on utilise la fumée qui
s’en dégage pour se laver le corps.
Le
foin d’odeur est représenté par le nord dans le cercle d’influences et on
s’en sert pour attirer vers soi l’énergie positive.
La mort et le souvenir
Dans
le cercle d’influences, le nord représente, entre autres, l’hiver, l’étape de
la vieillesse de même que la couleur blanche. Tout comme les plantes qui se
transforment d’une saison à l’autre pour terminer leur vie en hiver, la vie
d’une personne se déroule selon une série d’étapes qui vont de la naissance à
l’âge adulte et à la mort. Selon la pensée traditionnelle ojibwée, la mort
n’est toutefois qu’une des étapes du cycle de la vie, ce n’est pas la fin car
il n’y a pas de fin. La force de la vie se perpétue au-delà de la mort par
sa transformation en esprit. La blancheur de la neige est semblable à
celle de l’esprit de la mort et la mort du corps physique est analogue à la
naissance de l’esprit. La vénération des esprits est un rituel important
pour demeurer conscient de la place que l’on occupe dans le cycle de vie et
pour vivre sa vie pleinement. La vénération des esprits se fait dans le cadre
de différentes cérémonies.
L’enseignement sur les fraises
Dans
l’enseignement sur les fraises, deux frères jouent à se battre, mais ils le
font sans retenue et contre la volonté de leurs parents. Lorsque l’un d’eux
meurt accidentellement, l’autre est envahi par la douleur; il a honte
d’admettre son rôle dans la mort de son frère. Après des années de douleur
et de colère, il est surpris de voir un plant de fraises pousser sur la tombe
de son frère. À mesure que le plant grossit, les fruits se
transforment et les petites boules blanches deviennent de belles fraises
rouges, savoureuses, qui prennent la forme d’un coeur. Lorsqu’il mange de ces
fraises, la joie lui revient et lui permet de se libérer de son sentiment de
culpabilité et de sa honte. C’est son coeur et non sa raison qui a ouvert la
voie au changement et à la guérison, après l’acceptation de la mort de
son frère. |